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Article 8 - Pièce à conviction n°1 : La promesse

Extrait de la déposition de la témoin.


petite fille de 7 ans, découvrant qu'elle va être suivie à l'hôpital Necker à Paris. Illustration du parcours médical d'une enfant diabétique, entre peur, confiance et espoir.

À 7 ans, j’avais déjà vu beaucoup trop de médecins pour mon âge. Beaucoup trop de blouses blanches, beaucoup trop de cabinets, beaucoup trop d’adultes qui semblaient savoir ce qui était bon pour moi.


Alors, quand mes parents m’ont annoncé que j’allais être suivie à Paris, je n’ai pas sauté de joie.


Au contraire.


Paris, je connaissais déjà un peu. Ma marraine y habitait et nous lui rendions visite de temps en temps.


Mais le Paris que j’allais découvrir n’avait rien à voir avec celui-là.

Celui dont on me parlait désormais portait le nom de Necker.


Je savais ce que cette annonce signifiait : nouvel environnement, nouveaux visages, nouvelles odeurs, nouveaux bâtiments, nouveaux endroits, nouvelles habitudes, loin de ma maison… je m’habituais à peine à ce petit hôpital qui commençait à me faire moins peur.


Je ne voulais pas changer de médecin.

Tout cela me faisait peur.


J’ai expliqué à ma mère :

« Je ne veux pas recommencer ailleurs »

Mais cette fois-ci, le médecin qui me suivait à Fontainebleau avait lui-même reconnu qu’il ne pouvait plus m’accompagner correctement. Il ne connaissait pas suffisamment ma maladie. Il fallait aller ailleurs.


Aujourd’hui encore, je pense que c’est une belle qualité que d’être capable de dire :

« Je ne sais pas. »

Ma mère a tenté de me rassurer.


Elle m’a parlé des meilleurs spécialistes.

Des technologies les plus avancées.

De médecins qui comprenaient vraiment le diabète.

De ceux qui savaient.


Je me souviens de ne pas avoir cru à toutes ces promesses. À force de rendez-vous médicaux, j’avais déjà appris une chose : les adultes étaient souvent plus optimistes que la réalité, et ne semblaient pas mesurer ce que moi je vivais.


Pourtant, quand on a sept ans, on ne possède pas beaucoup de certitudes. On possède surtout la confiance que l’on accorde aux adultes qui nous aiment.


Alors si ma mère me disait que c’était une chance, je voulais essayer d’y croire.

Si elle me disait qu’ils allaient m’aider, alors je voulais croire qu’elle avait raison.


Je me raccrochais à cette idée parce qu’elle était plus agréable que toutes les autres.


Avec le temps, les rendez-vous sont devenus une habitude que je redoutais.


Il y avait les rendez-vous « courts », ou bien les journées entières d’hospitalisation.

Les longues journées commençaient très tôt. Beaucoup trop tôt. 7h00 du matin avec les aiguilles dans mon petit bras.


La veille d’un rendez-vous, je demandais toujours à quelle heure il fallait se lever, parce que l’heure du réveil me permettait déjà de savoir ce qui m’attendait.


Une journée entière, ou seulement quelques heures.


Je commençais à apprendre les règles de ce nouveau monde.


Et malgré tout, malgré la peur, malgré l’inconnu, malgré cette petite voix au fond de moi qui ne croyait plus vraiment aux miracles, je continuais à m’accrocher à ce qu’on m’avait promis.


Les meilleurs médecins.


Les meilleurs spécialistes.


Les meilleures chances.


Après tout, j’étais une enfant.


Et si les adultes qui m’aimaient y croyaient encore, alors peut-être que moi aussi j’avais le droit d’y croire.


C’est donc avec la boule au ventre, mais pleine d’espoir malgré tout, que nous avons pris la route de Paris.



Pièce à conviction n°1 enregistrée.

Les éléments suivants permettront au jury d'apprécier l'écart éventuel entre les promesses formulées par le système médical et les faits constatés.



XOXO

Une belle et son PTSD

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