En Aparté : Aujourd'hui, je me pardonne
- belleenboudoir
- 10 nov. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 janv.
Ces lignes ne sont pas un reproche, ni une plainte. C’est un cri venu d’un corps fatigué, une tentative de beauté dans la douleur. J’écris pour ne pas me taire, pour continuer à vivre malgré tout.
J’aime ma vie, mon pilier qu'est mon mari, mon “enfant” Roméo, et tous mes projets artistiques.
Mais parfois, malgré tout cela, la douleur ressurgit. Et je la couche ici, pour qu’elle cesse un instant de peser si fort.
Aujourd’hui, j’écris en aparté

Après une nuit entière en hypoglycémie, puis une autre ce matin après la promenade de Roméo…Je ressens mon corps différemment depuis cette nuit. Comme si, lorsque mon taux de sucre descend, mon corps s’en va avec. Je ne vais pas simplement tomber dans les pommes : c’est comme si mon corps me quittait, petit à petit.
Et soudain, je craque. Je pleure. Je hurle. Quelque chose de profond et viscéral sort de moi. Cette partie de moi, personne ne la voit. Personne ne se rend compte du poids.
À ce moment-là, je prends conscience : trente ans de traitement. Trente ans de conséquences d’avoir un corps défaillant. Trente ans que je vis avec, mais surtout… trente ans de lutte contre mon corps.
Trente ans, c’est environ 49 200 piqûres.
Et si je vis encore 44 ans, ce seront environ 72 300 autres — sans compter toutes les glycémies quotidiennes.
Autant dire une vie entière d’aiguilles, si aucun chercheur ne trouve enfin de remède.
Est-ce que ça existe, la crise des trente ans chez les diabétiques ?
Parce qu’avec tous ces connards de médecins qui exigent la perfection — et où, de toute façon, ce n’est jamais assez bien — tous les diabétiques font semblant de gérer, de stabiliser…Pff. CONNERIES !
Je vais vous dire, moi, ce qui aurait dû se passer :
S’il n’y avait pas eu de traitement me maintenant inconfortablement en vie, je serais un petit ange.Un joli petit ange, avec mes cheveux longs comme Pocahontas, mes grands yeux noisettes, et mon innocence…Je me serais réincarnée plus tard, ailleurs, pour vivre d’autres vies.

Attention : qu’on ne se méprenne pas. J’aime ma vie, je l’embrasse dans toutes ses facettes.
Mais parfois, rien ne compense ça.
Parce qu’avec un traitement comme celui qu’impose cette fichue maladie, je m’inflige cette torture depuis tant d’années… et à vrai dire, je ne sais même pas pourquoi.
Et ce que je réalise le plus, c’est que j’ai bientôt 36 ans.
Trente ans de diabète, de fatigue, de peur, de combat.
Et vous savez quoi ? Je ne suis même pas à mi-parcours.Si je vis jusqu’à 80 ans, il me resterait ces quarante-quatre ans de traitement.
Et qui sait… de nouveaux soins contraignants, douloureux peut-être. Quand mes yeux se dégraderont, quand mes reins lâcheront, quand mon cœur sera trop fatigué de compenser toutes ces hypoglycémies à répétition.
Je pense être une belle âme, née dans un corps trop fragile pour tout ce qu’elle avait envie d’accomplir dans une vie.
Aujourd’hui, c’est le moment où j’en ai marre.
Parce que disons-le ! Criez-le avec moi, vous qui êtes malades : dites-le, que vous aussi vous en avez par-dessus la tête!
Faites-moi sentir moins seule, par pitié.
Car dans toutes ces pensées, dans tous ces états d’âme… je suis seule.
Face à moi-même, n’osant pas montrer ce visage — cette part qui abandonne la joie, le sourire.
Parce que qui pourrait se mettre à la place de cette contrainte ? Personne.
On peut se projeter un peu, mais c’est tout. Et c’est un fait.
Et vous savez le pire dans tout ça ?C’est que même lorsque j’ai envie que le temps s’arrête, que la terre cesse de tourner, je décide quand même d’écrire.
De poser des mots.
De sortir un peu de beau de tout ce mal.
Il n’y a rien de logique à tout cela. Rien N’A DE SENS.
Et honnêtement ?Je ne comprends pas la finalité de ce chemin.
Mon chemin.
Aujourd’hui, je me pardonne.
Habituellement, je continue de travailler, hypoglycémie ou non.
Je ne laisse jamais la maladie l’emporter.
Mais aujourd’hui, je choisis d’être indulgente envers moi-même, de m’accorder un peu de temps,
même si je suis censée travailler.
Écrire mon histoire sera, je le sens, un chemin de libération.
Un parcours du combattant fait de hauts et de bas, de remises en question, de prises de conscience…
Mais aussi un moyen de déposer ma culpabilité, de me délester, et peut-être enfin… de guérir autrement.
Ceci était un cri, un aparté dans mon journal : Le récit reprendra prochainement.
XOXO
Une Belle et son PTSD






Commentaires